Le Cirque interdit : le making-of 1

Célia explore à nouveau les coulisses du cirque, avec un article qui révèle tout de son désordre intérieur.

Comment j’ai écrit le Cirque Interdit ? L’écriture d’un roman, c’est d’abord une pulsion chez moi. Je n’ai jamais plusieurs idées de romans en même temps, elles arrivent l’une après l’autre, quand le projet précédent s’achève. La seconde d’avant, je n’avais pas assez de matière, puis la seconde d’après, le Cirque Interdit était là (lien vers l’article sur la fameuse étincelle). Je suis donc une autrice jardinière pour reprendre une image répandue, qui ne rédige ni plan, ni scénario, ni fiches personnages avant de me lancer. Il m’arrive de culpabiliser à cause de mon manque de préparation, d’organisation, de structure… je me sens moins légitime et je n’ose pas parler de ma façon spontanée de travailler. Pourtant, j’ai promis de vous faire visiter les coulisses et il est temps de vous avouer qu’il y règne un joyeux bazar.

Je commence à écrire quand l’évolution psychologique des personnages principaux est claire dans ma tête. L’intrigue, l’univers, le style, tout le reste est à leur service. Les chapiteaux jaillissent sous mon crayon, les planètes sortent de mon clavier et je sais déplacer les montagnes, la classe, non ?

En général, j’écris le premier jet dans l’ordre, mais j’ai parfois des scènes phares, qui doivent arriver plus loin et qui éclairent mon chemin. Je ne sais pas écrire un scénario théorique, sans visualiser les scènes, c’est trop abstrait et je craindrais d’imposer des changements artificiels à mes personnages. Je suis donc très mal placée pour donner des conseils en la matière.

Ah si, un truc tout de même : je travaille sur le roman en cours tous les jours (ou presque). C’est une méthode vitale pour moi, qui écrit à la vitesse d’un escargot asthmatique, pour garder le fil de l’histoire et avancer malgré ma lenteur naturelle. J’écris en petites quantités, mais quelques mots par jour font un roman à la fin de l’année. Pour le Cirque interdit, il m’a fallu plus d’un an entre 2014 et 2015, avec d’autres projets en même temps (les corrections d’Iceltane par exemple…).

Pour moi, il y a un aspect rassurant dans ce « toucher à son texte tous les jours ». C’est l’idée que le petit escargot atteindra la ligne d’arrivée sans avoir besoin d’aller vite, sans se forcer à produire de grosses quantités (de bave) d’un coup. Je suis incapable d’écrire des milliers de mots en un seul jour, incapable de tenir le rythme d’un Nanowrimo, et la comparaison avec ceux qui le sont me terrifie. Alors, je me rassure en me disant qu’en touchant à mon texte tous les jours je finirai par toucher au but, même si c’est loin derrière les lièvres qui courent devant. La preuve, le Cirque Interdit sortira le 21 février !

Je n’utilise pas de logiciel spécifique (comme antidote et scrivener), juste un traitement de texte. Je prend des notes au cours de l’écriture, pour ne pas me perdre dans l’univers et la chronologie. C’est pourquoi, je tiens un cahier par roman. Mes cahiers sont plus ou moins brouillon, comme vous pouvez le voir dans l’article correspondant et je les décore tant bien que mal avec du masking tape et du papier origami.

J’ai lu quelques bouquins qui traitent de l’écriture et de ses mécanismes. Parmi eux, mon coup de cœur absolu c’est « L’Anatomie du scénario » de John Truby. La manière dont il évoque les personnages, leurs désirs, leurs besoins, leurs faiblesses morales et la façon dont ils portent l’histoire me correspond vraiment bien. Vous verrez dans le Cirque Interdit que Maria, Mathieu et Papy Vaz portent en eux des préjugés, de l’égoïsme et des regrets.

Et vous, vous écrivez comment ? Vous préparez des plans, vous aimez la méthode flocon, vous ne jurez que par le nano ? Racontez-moi !

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.