Sauver les éditions Voy’el grâce à une campagne Ulule

Les éditions Voy’el organisent jusqu’à fin juin une campagne Ulule pour récolter 15000€ : https://fr.ulule.com/sauvons-les-editions-voyel/

Cette campagne touche de près les auteurs à l’Ouest (et plus particulièrement Célia Flaux et Aodez S. Bora) par plusieurs aspects.

Tout d’abord, parce que ce sont les éditions qui ont permis à Célia de publier son premier roman :

Ce sont aussi les éditions qui ont fait confiance à Aodez pour diriger une collection de courts textes en numérique, et pour co-diriger avec Cécile Duquenne une superbe anthologie illustrée :

Cette campagne touche aussi de près Célia et Aodez, car vous pourrez trouver parmi les contre-parties proposées plusieurs de leurs nouvelles, qui sont pour l’instant indisponibles (Erwan et Isobel de Aodez S. Bora, Au clair de la lune, Les sept miroirs et La citadelle des brumes de Célia Flaux) et même une inédite (Âme de Feu de Aodez S. Bora). (Ré)éditées avec de superbes couvertures, vous ne pourrez vous les procurer qu’au travers de cette campagne !

 

Parmi les nouvelles proposées en contre-parties, vous trouverez aussi la réédition de plusieurs nouvelles jadis parues dans le fanzine Piment&Muscade que co-dirigeait Cécile G. Cortes. Que du très bon, donc !

Mais pourquoi une telle campagne, et pourquoi une telle somme ?

Il y a de ça quelques années, Voy’el a choisi de passer par un diffuseur/distributeur afin d’être représentée en librairie. Pour toute petite maison d’édition, et pour les auteurs publiés chez elle, cela semble être le Saint Graal, la possibilité de toucher bien plus de lecteurs et d’augmenter les ventes. Mais c’est en fait un piège quasi-mortel dans lequel sont tombées de nombreuses petites maisons d’édition. Entre autres, les éditions de la Madolière et les éditions du Riez y ont malheureusement succombé ces dernières années, jusqu’à devoir fermer leurs portes.

Quand on ne connait pas le fonctionnement de la chaîne du livre, on peut légitimement se demander en quoi être diffusé en librairie est un piège pour une petite maison d’édition. En fait, tout tient dans le principe des retours : la très grande majorité du temps, le libraire peut renvoyer un livre qu’il a commandé s’il ne le vend pas. Il peut le faire jusqu’à un an après l’avoir reçu. Ce système peut être salutaire pour les libraires (notamment les petits), car il leur évite de devoir garder un « fond » trop important. Et on peut aussi considérer que c’est grâce à cette assurance de pouvoir retourner les livres non vendus que les libraires vont accepter de prendre des risques en commandant des livres de maisons d’édition/auteurs plutôt inconnus au bataillon.

Le véritable problème du principe des retours vient de la diffusion/distribution. Le diffuseur (i.e. le commercial chargé de placer les livres en librairie) touche une commission pour chaque placement. Mais il ne la perd pas si le livre est finalement retourné. Il a donc tout intérêt à placer un maximum de livres, sans se soucier du risque de retours par la suite. Le distributeur (qui a pour rôle de stocker les livres et de les envoyer aux libraires qui en commandent), quant à lui, facture tout mouvement de livre : que ce soit lors de l’envoi au libraire, ou lors d’un retour. Il n’a donc aucun intérêt à s’inquiéter des retours, il y est tout aussi gagnant que lors des ventes.

Le vrai perdant dans cette affaire, c’est l’éditeur, car les retours lui coûtent très cher (non seulement il doit rembourser le libraire, mais en plus payer le distributeur des frais de retours). Ce système n’est viable pour l’éditeur que lorsque le nombre de retours reste minime par rapport aux ventes. Ce qui n’est pas possible lorsqu’on a affaire à des diffuseurs, distributeurs et libraires indélicats. Pour plus d’explications, vous pouvez lire l’article détaillé sur le site des éditions Voy’el.

C’est ainsi que les éditions Voy’el, qui souhaitent aujourd’hui quitter ce système inadapté aux petites maisons d’édition pour passer par des moyens de diffusion alternatifs, se retrouvent à devoir 15000€ à son distributeur. Alors, si vous voulez aider une petite maison d’édition à survivre et à repartir d’un bon pied dans un système non délétère, toute participation est la bienvenue !

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